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Vue d'ensemble de la fresque de l'Hôtel-Dieu de Saint-Basile

Vue d’ensemble de la fresque de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile, Nouveau-Brunswick

Projet commémoratif d’une fresque murale extérieure

 

Une grande murale inspirée de l’histoire de l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Saint-Basile, comté de Madawaska au Nouveau-Brunswick, orne maintenant tout le mur d’une annexe du couvent faite en brique. Trois artistes de la région, Louise Giroux, George Pérusse et Mado Roy ont conçu et peint cette immense fresque de couleurs vives couvrant tout un côté de ce vieil édifice qui abrita parfois, en même temps : la chaufferie, la buanderie, le local où Sr Sophie faisait des matelas, la boutique de menuiserie, et même une salle à manger pour les hommes employés à l’Hôtel-Dieu et à la ferme. Quelques classes du niveau élémentaire de l’Académie de l’Hôtel-Dieu y furent aussi aménagées pour un certain nombre d’années.

Pauline Banville Pérusse
Pauline Banville Pérusse, par Digiphoto

La fresque murale fut inaugurée le 8 août 2015, dans le cadre des activités du Congrès mondial acadien. Pauline Banville Pérusse, coordonnatrice du projet, résume ainsi la genèse de la fresque :

« Le projet d’une fresque interactive a vu le jour grâce à une vision… transmise à trois artistes peintres de la région, soit Louise Giroux Cyr, Madeleine Lajoie Roy et George S. Pérusse. D’emblée, ils ont accepté de s’investir dans la mission. Recherche, visualisation, conception, transposition et consécration d’une oeuvre inédite des plus originales. L’immense tableau a nécessité l’étroite collaboration de l’archiviste Sr Bertille Beaulieu ainsi que le soutien de plusieurs sociétés et individus, en plus de l’apport incommensurable du président du Conseil des Oeuvres de l’Hôtel-Dieu, Albert Martin, et de la directrice générale, Manon Soucy.

Le chef d’oeuvre imagé intitulé “Salut à toi, cher Hôtel-Dieu de Saint-Basile”, suscite la fierté d’un héritage sans pareil… et se veut un vibrant hommage manifestant notre respect et reconnaissance pour les oeuvres accomplies par les Religieuses Hospitalières de St-Joseph au Madawaska. » 

 

Des artistes peintres s’intéressent à l’histoire de l’Hôtel-Dieu

 

Mado Lavoie Roy
   Mado Lajoie Roy

En 2014, George Pérusse, Mado Roy et Louise Giroux Cyr ont relevé le défi de peindre sur un mur de brique extérieur, une fresque murale racontant l’histoire de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile, de 1900 à 1975. Ils ont voulu illustrer divers services hospitaliers et scolaires ainsi que des personnages représentatifs de la période choisie.

Louise Giroux Cyr
  Louise Giroux Cyr

Les trois artistes ont fait des recherches aux archives des Religieuses Hospitalières et ont retenu beaucoup d’idées et quelques photos comme source d’inspiration. L’imagination et la créativité des artistes se sont aussitôt mises à l’oeuvre pour assurer le succès de l’entreprise.

L’élaboration du projet prit bientôt forme d’une esquisse aussi précise que possible, départageant l’espace en douze bulles.

George S. Pérusse
George S. Pérusse

 Au préalable, le vieux mur de brique de l’édifice avait été peint de couleur sashimi, une sorte de roux foncé éclatant. Les rampes de la galerie et de l’escalier présentaient un obstacle à vaincre. Mais, le plus grand défi à relever consistait sans doute à trouver une technique appropriée pour peindre sur de la brique, ce qu’aucun des artistes n’avait fait auparavant. Mais ils ont bientôt trouvé le secret permettant d’atteindre une réussite exceptionnelle. Les couleurs dominantes sont des teintes de bleu et de sashimi.

Puis nos trois peintres ont illustré les thèmes choisis, chacun dans  son propre style. C’est ce qui fait l’originalité de la fresque. George a choisi de montrer les soins de santé à l’Hôtel-Dieu, alors que Mado s’est intéressée à l’éducation au niveau élémentaire à l’Académie. Louise a reconstitué certaines manifestations des arts et de la culture au Collège Maillet.

Toutes les bulles sont reprises ci-dessous accompagnées d’explications et de commentaires historiques et artistiques.

 

1. Personnages dans les quatre coins de la  fresque

1. Dame au parloir des religieuses

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Au début du 20siècle, la communauté des Religieuses Hospitalières de St-Joseph était cloîtrée.

C’est ce qui explique la présence d’une grille en bois entre les deux interlocutrices, la dame visiteuse et la religieuse derrière la grille.

La communauté fut décloîtrée en 1924 et les grilles du parloir et de la chapelle furent enlevées au début de la décennie de 1940.

À remarquer dans la brique autour de chacune des bulles, le relief en trompe l’oeil très bien réussi comme contour dans l’ensemble de la fresque.

Cette bulle est l’oeuvre de Mado Roy.

 

2.  Couture et tâches artisanales

couture 1000 web

Pour répondre aux besoins des malades, des élèves, des religieuses et des employés, la soeur couturière était occupée à temps plein. Il y avait bien sûr la literie, les linges et les vêtements à confectionner et à repriser.

Cette bulle dans le coin droit au haut de la fresque s’inspire d’une photographie de soeur Emma Plourde en train de faire de la couture. Elle avait rendu service auparavant comme supérieure et administratrice d’hôpital.

Le petit garçon assis sagement devant elle appartient à la scène de gauche représentant une classe.

Cette bulle est l’oeuvre de Mado Roy.

 3.  Travaux manuels effectués par les religieuses

converse 1000 web

Cette scène dans le coin inférieur gauche de la fresque montre une soeur converse au travail. L’artiste s’est inspirée d’une photographie de soeur Marie-Rose Courtemanche traversant la cours en arrière du couvent avec des morceaux de bois sur l’épaule.

Les soeurs converses s’adonnaient surtout aux travaux manuels. À remarquer le panier de pommes, le bel arbre vert et les fleurs près de la porte. Ces détails décoratifs rappellent le résultat du travail accompli par les religieuses dans tous les domaines. Toutes collaboraient en vue du bien commun.

Cette bulle est l’oeuvre de Louise Giroux Cyr.

 

 4. Culture d’un grand jardin potager et d’un verger

jardin 2 1000 web

Une photographie de soeur Marie-Joseph, jardinière pendant de nombreuses années, a servi d’inspiration à l’artiste qui a peint cette bulle.

En plus de la ferme, le jardin et le verger produisaient le nécessaire pour nourrir la maisonnée comptant parfois jusqu’à 200 élèves pensionnaires, une quarantaine de religieuses, de nombreux malades et de retraités, sans oublier les employés.

Encore un petit garçon dans le coin de la bulle… À cause de l’école et des pensionnats pour filles et garçons, il y avait jadis des enfants partout, et nombreux sont ceux qui peuvent se vanter d’être allés un jour voler des pommes.

Cette bulle est l’oeuvre de George Pérusse.

 

II  Hôtel-Dieu, premier Hôpital du Madawaska

Trois bulles sont consacrées au soin des malades à l’Hôtel-Dieu. L’artiste George Pérusse a réalisé des scènes décrivant les principaux services, soit : la pharmacie et le laboratoire, la salle de chirurgie et une salle pour les hommes malades.

1.  Pharmacie et laboratoire

Pharmacie et laboratoire

La pharmacie et le laboratoire sont essentiels pour un hôpital. Depuis les débuts de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile en 1873, une soeur pharmacienne reçoit les malades qui viennent la consulter et prépare les remèdes.

Dès son arrivée, soeur Maillet est surnommée la soeur docteur par les gens.

Cette bulle est une création de l’artiste George Pérusse qui représente avec réalisme le contenu de la pharmacie. La porte dans le mur devient une armoire et les armoires peintes contiennent des vases de pharmacie bleus, des bouteilles, une balance de laboratoire, des mortiers et des cruches contenant du vin et du whisky pour la préparation de remèdes.

2. Chirurgie à l’Hôtel-Dieu en 1906

Salle de chirurgie dans l'hôpital en bois

Pour peindre cette scène, l’artiste George Pérusse s’est inspiré d’une photo de la collection des Archives qui paraît dans l’exposition virtuelle de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile, sur ce site.

Le petit patient est un enfant qu’on opère pour amygdalite. Des huit personnages dans la photo originale, l’artiste en reproduit cinq : le père A. Launière, soeur Richer, supérieure, le docteur Pio H. Laporte, chirurgien, le malade et un médecin visiteur, le docteur Leprohon, othorhinolaryngologiste.

Pourquoi le chirurgien est-il à genoux? Le petit banc est conservé au musée des Soeurs Hospitalières de Saint-Basile.

À remarquer  la lampe à l’huile au-dessus de la table d’opération avec ses rayons de lumière sur les tons chauds de la brique du fond.

3.  Salle des hommes malades

malades 1000 web

Dans cette scène, l’artiste peintre met en scène des malades, un médecin et une religieuse infirmière habillée en blanc. Le décor pourrait être celui de la salle St-Joseph réservée aux hommes.  La coutume voulait que les salles portent des noms de saints. La salle des femmes était la salle Sainte-Vierge.

Les rideaux du fond de scène à droite rappellent les lits à rideau qui étaient en usage jusqu’au milieu du 20siècle dans les salles de malades.

À remarquer les nuances dans les rideaux du fond avec leurs riches teintes de bleu et de blanc, les tons chauds des briques et le relief en trompe l’oeil présent dans toutes les bulles.

 

 

 III Éducation à l’Académie de l’Hôtel-Dieu

Le thème de cette section a été développé par l’artiste Mado Roy, elle-même ancienne élève de l’Académie.

1. Dortoir des petits garçons pensionnaires

Dortoir des élèves garçons jusqu'en 1946

Il y eut des filles pensionnaires au couvent de Saint-Basile de 1874 à 1972 et des petits garçons pensionnaires de 1885 à 1946.

Cette jolie bulle montre bien le contexte religieux de l’époque manifesté par la présence de la soeur surveillante, des petits crucifix à la tête des lits et les enfants à genoux pour la prière. Le poêle qui réchauffe le dortoir est une nécessité à cause des climats rigoureux, l’hiver.

À remarquer, en plus du relief en trompe l’oeil pour marquer le contour de la bulle, les lits peints en perspective et le coin du mur du fond très bien réussis.

 

  2. Classe de petits élèves à l’Académie

Classe de petits élèves externes et pensionnaires à l'Académie

L’artiste Mado Roy a choisi les détails appropriés pour représenter une classe d’autrefois avec tableau noir et rangées d’anciens pupitres en bois et métal.

La soeur enseignante a souvent le bonheur d’avoir dans sa classe des petites filles sages et attentives, mais elle a parfois l’agréable surprise d’avoir des petits garçons espiègles qui s’amusent à glisser sur les rampes d’escalier.

Le sens de l’humour de l’artiste qui se manifeste dans cette bulle s’ajoute au plaisir de contempler cette scène représentative de l’enfance de plusieurs garçons et filles qui ont fréquenté l’Académie de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile.

IV  Arts et culture au Collège Maillet

Ancienne étudiante du Collège Maillet, Louise Giroux Cyr s’est largement inspirée de ses connaissances de la culture qui avait cours durant les années 1960.

 1. Danse folklorique

Danse folklorique dirigée par soeur Henriette Raymond.

Sous l’habile direction de soeur Henriette Raymond, la danse folklorique qui était une activité libre connut un grand succès international.

Au début, la troupe folklorique était surtout formée d’étudiantes du Collège Maillet, mais graduellement, les garçons se joignirent aux filles. Sous l’habile direction de soeur Henriette Raymond, la troupe donnait des spectacles annuels et faisait des tournées.

La troupe folklorique du Madawaska eut la chance de participer à un festival à Jaca en Espagne.

Dans cette bulle, Louise peint les danseurs en répétition avec soeur Henriette. Les costumes traditionnels et les accessoires rappellent le succès des suites madawaskayenne et acadienne.

    2. Chant et musique 

Les soeurs Colette Lemieux, soprano, et Marjorie Tanaka, pianiste

L’enseignement du chant et de la musique ont toujours fait partie de l’enseignement au couvent de Saint-Basile. Les chorales interprétaient des chants religieux, folkloriques et classiques.

Pour peindre cette bulle, Louise s’est inspirée de la pochette du disque réalisé par soeur Colette Lemieux, soprano, et soeur Marjorie Tanaka, pianiste de concert et professeure de piano.

À remarquer les nuances dans les habits des soeurs et les plis du rideau de scène, on dirait du velours.

  3. Théâtre et spectacles

Gilles-Claude Thériault, professeur de théâtre

Des cours de théâtre furent offerts au Collège Maillet à partir de 1963. Par la suite, chaque année le professeur Gilles-Claude Thériault et ses étudiantes produisaient une pièce pour le grand public.

Au cours des années 1960 et 1970, de nombreux spectacles étaient offerts au Collège Maillet par des artistes locaux, des chanteuses et chanteurs populaires, des troupes de théâtre du Québec et de la France.

La présence du Collège Maillet et des religieuses de Saint-Basile était un atout pour la population qui profitait ainsi d’événements artistiques et culturels.

 

4. Formation intellectuelle

Quelques titres de manuels scolaires

Le programme d’études classiques de niveau post-secondaire offert au Collège Maillet était identique à celui offert au Collège St-Louis d’Edmundston,  sauf que le cours ménagers remplaçait le grec.

Louise donne quelques titres à ses livres, rappelant qu’on enseignait les sciences, (biologie, chimie, physique), les mathématiques (trigonométrie, calculus), la philosophie (logique, cosmologie, psychologie, morale et métaphysique), le latin, la littérature française du Moyen Âge au 20siècle, la littérature anglaise, la littérature canadienne-française, l’histoire, les sciences religieuses, le dessin et la peinture et autres.

Les étudiants avec mention en pédagogie suivaient des cours de préparation de classe, de méthodes et tests, de droit scolaire et d’histoire de l’éducation.

Les arts, la musique, le chant et la danse étaient des compléments de culture offerts aux personnes intéressées.

 

Le 19 juillet 2015

Bertille Beaulieu, archiviste





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